Qu'est-ce que le TOC?
Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) se reconnaît à deux composantes. Les obsessions sont des pensées, des images ou des peurs intrusives et non désirées : peur des microbes, peur qu'un malheur arrive à un proche, besoin que tout soit « parfait ». Les compulsions sont des gestes ou des actes mentaux répétés pour calmer l'anxiété liée à ces pensées : se laver les mains, vérifier, ranger, compter, demander d'être rassuré.
Le TOC est défini dans le DSM-5-TR (APA, 2022), dans une catégorie distincte des troubles anxieux. Il s'installe habituellement de façon graduelle. La plupart des enfants savent que leurs obsessions et leurs rituels ne sont pas « normaux », et beaucoup les cachent (Manuels MSD). Ce n'est ni un caprice ni un manque de volonté : l'enfant se sent obligé d'agir pour faire baisser sa détresse.
Signes fréquents chez l'enfant et l'adolescent
- Lavage répété des mains ou du corps, parfois jusqu'à irriter la peau
- Vérifications répétées : porte, sac d'école, devoirs, interrupteurs
- Besoin d'ordre, de symétrie ou d'exactitude, avec détresse si un objet est déplacé
- Comptage, répétition de mots ou de gestes, rituels mentaux
- Questions répétées pour se faire rassurer par les parents
- Devoirs ou routine du coucher qui s'allongent à cause des rituels
- Colère ou détresse importante quand un rituel est interrompu
Avoir des habitudes ou des préférences marquées ne veut pas dire avoir un TOC : c'est quand elles entravent la vie quotidienne qu'on parle de trouble (eSantéMentale.ca). On s'interroge sur un TOC quand les obsessions et les compulsions causent une détresse importante, prennent beaucoup de temps (à titre de repère, plus d'une heure par jour) ou nuisent à l'école, aux amitiés ou à la vie familiale (APA; Manuels MSD; VIDAL). Le guide Le TOC chez l'enfant et l'ado explique plus en détail comment distinguer les rituels normaux d'un TOC.
Conditions souvent associées
Le TOC de l'enfant coexiste souvent avec d'autres conditions : troubles anxieux (anxiété de séparation, phobies, attaques de panique), tics ou syndrome de Gilles de la Tourette, et dépression (Manuels MSD; Gouvernement du Québec). À l'inverse, un enfant absorbé par ses obsessions peut paraître inattentif et être perçu à tort comme ayant un TDA/H (Abramovitch et coll., 2015). D'où l'importance d'un portrait complet.
Quand consulter?
Consultez si les obsessions ou les rituels causent de la détresse à votre enfant, prennent de plus en plus de place dans la journée, ou nuisent à l'école, au sommeil ou aux relations. Il n'est pas nécessaire d'attendre que la situation s'aggrave : consulter tôt améliore les chances de rétablissement (Gouvernement du Québec). Si les symptômes sont apparus de façon très soudaine, parlez-en d'abord rapidement au médecin ou au pédiatre.
Au Québec, le diagnostic de TOC est posé par un médecin ou par un psychologue, et aussi par une infirmière praticienne spécialisée ou une infirmière habilitée, selon sa formation. Quand le portrait est complexe (doute sur un TDA/H, un TSA ou un trouble d'apprentissage associé), une évaluation neuropsychologique peut aider à établir un diagnostic différentiel. Chez les psychologues, le diagnostic des troubles neuropsychologiques est réservé aux titulaires d'une attestation de l'Ordre des psychologues du Québec (OPQ).
Comment nous pouvons aider
À la Clinique RESO, l'évaluation et le suivi du TOC sont offerts en psychologie. Le traitement de première intention est la thérapie cognitive-comportementale (TCC), plus précisément l'exposition graduelle avec prévention de la réponse, et les parents y participent (Manuels MSD). Si une médication est envisagée, elle est prescrite par un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée.
Pour un enfant ou un adolescent, appelez-nous : nos psychologues qui reçoivent les jeunes évaluent la demande et, si nous ne sommes pas le bon milieu, nous vous orientons vers une ressource spécialisée. Lorsque le TOC s'accompagne de questions sur l'attention, l'autisme ou les apprentissages, l'équipe de neuropsychologie pédiatrique peut contribuer au diagnostic différentiel. Pour un adulte, communiquez aussi avec nous : nous vous orienterons au besoin.
Repères statistiques
- Prévalence chez les enfants et les adolescents : 1 à 3 % (Manuels MSD, édition professionnelle)
- Âge d'apparition : environ 25 % des cas commencent avant 14 ans; le trouble débute en moyenne entre 18 et 25 ans (Manuels MSD)
- Différence selon le sexe : chez l'enfant et l'adolescent, le TOC touche davantage les garçons (Manuels MSD); chez l'adulte, il touche autant les femmes que les hommes (Gouvernement du Québec)
- Repère de temps : des obsessions et des compulsions qui prennent plus d'une heure par jour ou causent une détresse importante sont considérées comme problématiques (APA)
- Codes diagnostiques : DSM-5-TR (APA, 2022); CIM-10 F42 (OMS)
Sources : Manuels MSD : TOC chez l'enfant et l'adolescent (grand public), Manuels MSD : TOC chez l'enfant et l'adolescent (professionnels), Gouvernement du Québec : Trouble obsessionnel-compulsif, APA : What Is Obsessive-Compulsive Disorder?, VIDAL : Les TOC chez l'enfant et l'adolescent, eSantéMentale.ca : TOC chez les enfants et les jeunes, Abramovitch et coll. (2015), Harvard Review of Psychiatry : comorbidité TDA/H et TOC, OPQ : Évaluer les troubles mentaux et les troubles neuropsychologiques, Code des professions : article 37.1 (LégisQuébec), Loi sur les infirmières et les infirmiers : articles 36 et 36.1 (LégisQuébec), OMS : CIM-10, F42, DSM-5-TR (APA, 2022).
Pour aller plus loin
- Le TOC chez l'enfant et l'ado : reconnaître les signes
- TSA, TDA/H, anxiété sociale, TOC : comprendre les similitudes
- Par où commencer : un guide de décision